Les jeunes et la politique à l'époque des « fake news » et d'un paysage médiatique en plein changement : les médias attirent moins et inspirent moins confiance

News 11.04.2018

Les conclusions du dernier Monitoring politique easyvote de la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes FSPJ sont sans appel : les jeunes Suisses sont marqués par la mutation rapide du paysage médiatique ainsi que par une époque émaillée de « fake news ». Lorsqu’il s’agit de thèmes politiques, les jeunes non seulement s’informent moins, mais ont également un problème de confiance. Ce sont en particulier les médias qui en paient le prix fort : les journalistes sont ceux en qui les jeunes ont le moins confiance pour les sujets politiques.

Problème de confiance à l’époque des « fake news »

La comparaison avec le Baromètre des préoccupations1 montre que les jeunes font bien moins confiance aux acteurs et aux institutions politiques que le reste de la population. Les jeunes sondés se montrent particulièrement sévères envers les journalistes : concernant l’information politique, 60 % d’entre eux avouent ne plutôt pas ou ne pas du tout accorder de crédit aux journalistes.

Les «fake news» sont maintenant familières aux jeunes Suisses, et cela se répercute inévitablement sur la confiance qu’ils portent aux médias. Le rôle de vérificateur et de fournisseur d’informations politiques du milieu médiatique subit une pression croissante, d’une part à cause du changement que vivent les médias, mais également, d’autre part, en raison de la volonté de présenter des articles objectifs et véridiques.

La baisse de la demande d’informations appelle de nouveaux canaux

Le Monitoring politique easyvote montre également que les jeunes s’informent toujours plus rarement au sujet des événements et des thèmes politiques (48% une fois ou moins d’une fois par semaine). Cette tendance concerne les canaux d’information les plus divers, mais particulièrement les médias classiques tels que les journaux, la télévision (en baisse de 5% par rapport à 2016) et la radio. Ils ne sont toutefois que partiellement remplacés par les nouveaux médias. Le déficit de confiance joue également un rôle à ce niveau, car de nombreux acteurs et canaux inspirent toujours moins confiance aux jeunes pour toutes les informations concernant la politique. Par conséquent, ces canaux sont aussi moins utilisés.

easyvote gagne en importante et en utilité

Comme le montre le Monitoring politique easyvote, cette confiance insuffisante a pour conséquence que les plates-formes neutres et qui se basent expressément sur des faits gagnent des points et deviennent des canaux fiables. Les seuls canaux d’information qui ont gagné de l'importance par rapport à l'année passée sont ceux d'easyvote : les vidéos, le site internet et les brochures easyvote. Les résultats sont également sans équivoque quant à l'utilité des canaux pour la formation d’opinion. Les vidéos easyvote sont sur la première marche du podium, suivies par les brochures easyvote (90% la juge très utile/utile), ex æquo avec les parents.

Représenter les intérêts des jeunes grâce aux votations

Comme l’année dernière, le principal facteur poussant les jeunes à aller voter est la motivation de représenter les intérêts des jeunes. La possibilité d'avoir voix au chapitre pour l’avenir est aussi un élément motivant. Un langage trop compliqué, l'impossibilité de résoudre les problèmes par des votations un manque de temps sont par contre autant de facteurs qui découragent les jeunes à aller voter.

Une autre forme de participation

Bien que l’on constate que l’intérêt pour les thèmes politiques s'amenuise et que les jeunes s'informent moins, on ne peut pas pour autant parler d'une baisse de la volonté de participer en politique. En effet, on constate également un changement dans les cinq types de participation : les jeunes veulent s’investir davantage de manière numérique. Deux tiers des sondés pensent que la numérisation offre de grandes possibilités pour la participation. Ce militantisme numérique apporte d'anciens et de nouveaux défis. Les informations concernant des thèmes politiques doivent rester simples et neutres, mais des changements doivent également être opérés : le monde parfois lent des institutions politiques doit être lié à l’agenda public numérique qui est en constante évolution.

La numérisation contribue-t-elle à la mobilisation ?

La numérisation et le changement médiatique vont de pair. Davantage d’informations sont disponibles plus rapidement et plus facilement. Des exemples en Suisse comme à l’étranger montrent que les médias sociaux peuvent contribuer sensiblement à mobiliser la population et particulièrement les jeunes. Cette évolution est également visible en Suisse, où les jeunes se considèrent de plus en plus comme des militants du numérique (augmentation de 10% par rapport à 2016). La question est de savoir si, grâce aux avantages qu’apporte la numérisation, les jeunes participeront davantage en politique de manière durable ou s’ils ne le feront que de manière erratique.

Appel à l’action

Un système politique reste fort tant que les citoyens intégrés croient en sa légitimité. C’est pour cette raison que le désintérêt grandissant pour la politique, la chute libre de l'information et le manque parfois cruel de confiance des jeunes pour les institutions et les acteurs politiques est discutable. Il est d’autant plus important de réfléchir à une éducation civique complète dont les jeunes eux-mêmes confirment l’importance et l’efficacité (65% l’estiment très important/important). Par rapport à l’année passée, l’éducation civique a toutefois été moins enseignée dans les écoles (baisse de 7% par rapport à 2016). Les écoles sont les premières mais non les seules à devoir réagir de manière claire. Grâce à son matériel de cours simple, neutre et gratuit, easyvote-school offre aux enseignant-e-s un outil simple pour proposer plus d'éducation civique en cours.
 

Résumé du Monitoring politique easyvote
Monitoring politique easyvote (en allemand)

 


1Cf. Baromètre des préoccupations du Credit Suisse 2017, institut de recherches gfs.bern. En ligne (en allemand) : http://www.gfsbern.ch/de-ch/Detail/credit-suisse-sorgenbarometer-2017

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