Susciter l’intérêt pour la politique – grâce à l’atelier engage.ch « Vivre la politique »

 

La politique n’atteint pas les jeunes – c’est l’une des principales déclarations issues du Moniteur politique easyvote de 2018. Parallèlement, les offres qui suscitent l’intérêt politique dans le contexte de l’école sont rares. Cette lacune est comblée par l’atelier d’engage.ch « Vivre la politique ». En automne 2018, la phase pilote de ce projet s’est déroulée dans le canton de Zurich pour le secondaire I. L’évaluation a clairement montré que le contact personnel avec les politicien-ne-s est la clé pour que les jeunes soient plus disposé-e-s à prendre des mesures politiques et pour renforcer la confiance dans la politique.

 

L’atelier engage.ch « Vivre la politique » est une offre commune de la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes FSPJ et de Pro Juventute. L’objectif du projet est de rapprocher les écolier-ère-s à la politique et ainsi de susciter leur intérêt. Le projet est donc également une réponse à la demande formulée à plusieurs reprises de créer des offres dans le domaine scolaire destinées à attirer l’intérêt des jeunes pour la politique (p.ex Stadelmann-Steffen, Koller & Sulzer, 2015).

L’atelier engage.ch « Vivre la politique » est composé de quatre unités d’enseignement ainsi que d’une leçon préparatoire. Pendant la leçon préparatoire, les écolier-ère-s âgé-e-s de 12 à 15 ans formulent leurs propres souhaits et idées pour leur commune. Ces idées serviront ensuite de fil rouge pour transmettre aux jeunes des connaissances sur la politique communale et sur les possibilités de participation. La partie la plus importante de l’atelier est la discussion entre les écolier-ère-s et un-e politicien-ne communal-e. Ils et elles parlent avec les jeunes de la façon dont leurs souhaits pourraient être mis en œuvre.

Pendant la phase pilote, l’offre a été testée dans 13 classes du canton de Zurich. L’évaluation a été faite sur la base d’un formulaire identique rempli par 56 écolier-ère-s de quatre ateliers, chaque fois avant et après le déroulement des ateliers.

Plus de confiance dans le système politique

Les résultats de l’évaluation confirment l’efficacité des ateliers engage.ch. D’une part, l’offre a permis d’accroître le sentiment de réactivité politique (confiance en la politique). Ainsi, le « ressenti que les acteurs politiques sont responsables et ouverts aux influences politiques » est identifié (Massing, 2012). Pour 68% des participant-e-s, les ateliers engage.ch ont généré plus de confiance dans le système politique et dans les acteurs politiques. Ceci correspond statistiquement à une augmentation extrêmement significative (t = -5.8985, df = 54, p < 0.001*).

L’accroissement du sentiment de réactivité politique corrèle avec l’accroissement de l’intention politique d’agir (r=0.49). Plus les jeunes se sentent pris-es au sérieux par la politique, plus ils et elles sont susceptibles de mettre en œuvre des idées politiques et de faire changer quelque chose dans leur commune.

Contact personnel avec les politicien-ne-s comme facteur clé

L’accroissement important de la confiance dans la politique est probablement dû à l’échange avec les politicien-ne-s communaux-ales, qui a été perçu comme très positif pas les écolier-ère-s. L’échange et la discussion avec un-e politicien-ne n’était pas uniquement le « point culminant » des ateliers selon l’expérience subjective des modérateur-trice-s des ateliers. Le fait que l’échange avec les politicien-ne-s ait été particulièrement apprécié par les écolier-ère-s peut aussi être prouvé quantitativement. Dans l’évaluation du projet, on a demandé aux écolier-ère-s à quel point l’échange avec les politicien-ne-s était intéressant. De toutes les questions posées dans l’évaluation, celle-ci a eu la moyenne positive la plus élevée. Ce qui est moins étonnant est qu’un un grand nombre d’études montrent que le contact personnel en général est un des aspects les plus importants lors du changement d’attitude (Kammer, Niessen, Schmid, & Schwendener, 2016).

Pour les autres aspects relevés concernant l’attitude et la motivation, la situation était similaire. La construction de l’intérêt pour la communauté a augmenté de façon significative (p < 0,01), tout comme l’intérêt pour la politique (p < 0,00). Pour ce qui est de l’auto-efficacité, donc de la croyance de pouvoir atteindre quelque chose (Kammer et al., 2016), l’augmentation était statistiquement significative (p < 0,01). Seule l’augmentation de l’intention d’agir n’était pas statistiquement significative, probablement en raison de la faible quantité de données (p < 0,29).

Plus de connaissances sur ses propres possibilités de participation

Dans le cadre de la dimension d’expertise, des connaissances sur l’action de participer ont été recueillies. De telles connaissances renvoient à la conscience de ses propres possibilités de participation. Elles sont considérées comme une condition préalable importante à la construction de plans d’auto-efficacité et d’action (Kammer et al., 2016). Les connaissances sur l’action ont également été recueillies après l’atelier, afin de pouvoir calculer le changement correspondant. Ce changement était positif et significatif statistiquement (t = -3.3, df = 54, p < 0.00).

 

Combler la lacune dans la transmission de la politique

Une augmentation a été observée dans tous les aspects recueillis liés à l’expertise ainsi qu’à l’attitude et la motivation. La plus forte augmentation concerne l’intérêt pour la politique et le sentiment de réactivité politique. L’atelier engage.ch « Vivre la politique » peut apporter une contribution importante pour amener aux jeunes de l’intérêt et de la motivation pour la politique. Ce succès a été confirmé par un enseignant impliqué : « La politique était « ennuyeuse » pour mes élèves. Mais lors de la discussion avec le conseil communal, ils et elles se sont soudain épanoui-e-s et ont réalisé ce que leurs idées avaient en commun avec la politique ». Les résultats positifs du projet incitent à l’étendre progressivement dans toute la Suisse.

 


Texte de Sebastian Niessen, 28.05.2019

*La signification statistique est donnée pour toutes les valeurs inférieures à p = 0,05.

 

Bibliographie

  • Massing, P. (2012): Die vier Dimensionen der Politikkompetenz. Aus Politik und Zeitgeschichte 46-47: Politische Bildung, Bundeszentrale für politische Bildung.
  • Kammer, A., Niessen, S., Schmid, L., & Schwendener, N. (2016): Finding One’s Way on the Roads to Social Change: The Metamodel of the Impact of FOPH Communication Campaigns. Social Marketing Quarterly, 22(2). doi:10.1177/1524500416641385
  • Stadelmann-Steffen, I., Koller, D. & Sulzer, L. (2015). L'éducation à la citoyenneté au secondaire II : bilan. Rapport d’expertise SEFRI.

Littérature complémentaire

  • Detjen, J., Massing, P., Richter, D., & Weißeno, G. (2012): Politikkompetenz – ein Modell. Wiesbaden.
  • Mosler, H.-J. & Tobias, R. (2007): Umweltpsychologische Interventionsformen neu gedacht. Umweltpsychologie, 11(1).